• Impact social et durabilité

Innovation sociale : faire le bien avec intelligence

15 avril 2013

Au cours des dernières années, on a constaté un foisonnement de définitions sur l’innovation sociale. La meilleure qui ait été portée à ma connaissance est la suivante : faire le bien avec intelligence (Charles Best, Donors Choose).  Elle permet de conjuguer le besoin de créer un changement social ou environnemental à celui de développer les compétences professionnelles intelligentes qui permettront de faire de ce changement une réalité.

Voici trois façons d’exposer plus en détail le volet commercial de l’équation :

L’innovation représente plus qu’une simple idée  

Innovation et créativité sont deux choses distinctes. La créativité génère des idées, l’innovation les transforme en réalité. Une idée n’est que le point de départ. La véritable innovation se trouve dans la mise au point minutieuse, l’expérimentation quotidienne, les essais et la rétroaction.

Ilana Ben-Ari, entrepreneure de la FCJE et propriétaire de Twenty One Toys Inc., est un bon exemple. Pendant des années, elle a eu une idée qui germait dans son esprit, mais c’est en testant ses jouets éducatifs dans divers pays et situations et en perfectionnant ses produits que l’idée s’est imposée.

Il ne s’agit pas toujours d’une idée nouvelle

Dans de nombreux cas, il peut s’agir d’une utilisation différente de structures et de solutions existantes. Par exemple, Lisa von Sturmer, une entrepreneure de la FCJE, a fondé Growing City, une entreprise qui collecte les déchets organiques des bureaux et les transforme en compost. Son entreprise ramasse les bacs de déchets organiques et les remplace par des contenants vides (une vieille idée, par ex., le modèle de livraison de l’eau de source). Les déchets organiques sont envoyés au compostage – un processus qui prendra environ cinq mois.

Le compostage, qui a toujours été dans l’air du temps, a refait surface aux cours des dernières années, éveillant une plus grande attention. Lisa a décidé d’exploiter cette idée, d’offrir un service aux entreprises et voilà! – trois idées ordinaires ont été réunies pour créer un nouveau paradigme (et amener trois membres de Dragon’s Den à rivaliser pour pouvoir y prendre part!).

Pour avoir un impact social, un modèle de viabilité à long terme est nécessaire

Si votre idée ne génère pas de revenu ou n’est pas viable, il s’agit peut-être seulement d’un vœu pieux. Le volet commercial de l’équation vous permet de vous assurer que vous comprenez les principes fondamentaux de la conduite des affaires – et que l’idée présente un véritable potentiel sur le marché. Les grands innovateurs sociaux poursuivent de nobles missions, ce qui ne les empêche pas d’être des gens d’affaires brillants. Cela requiert du temps et une bonne planification.

J’ai eu, dernièrement, le plaisir d’assister à une conférence de l’entrepreneur de la FCJE, Tal Dehtiar, fondateur d’Oliberté et figurant au palmarès des 100 personnes les plus créatives en affaires, du magazine Fast Company. Son profond engagement, visant à renforcer l’autonomie des Africains au moyen du commerce équitable de chaussures fabriquées en Afrique, m’a impressionné. L’idée est simple, mais le message – et tout ce vers quoi tend Oliberté – s’inscrit dans la mission qu’il s’est donné de changer notre perception du potentiel économique de l’Afrique. L’impact ne se fera peut-être pas sentir avant des années, voire des décennies, mais l’objectif vaut tout de même la peine d’être poursuivi.

Relevez le défi. Pouvez-vous faire le bien avec intelligence?

Que vous abordiez des problèmes récurrents à l’aide de nouvelles solutions ou réfléchissiez à des idées qui peuvent se traduire par une amélioration du statu quo, votre portefeuille vous remerciera et votre cœur se sentira beaucoup mieux.

Dominik Loncar, entrepreneur en résidence de la FCJE, dloncar@cybf.ca